Rire (verbe, nom masculin)


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je ris; nous rions. Je riais; nous riions. Je ris. J'ai ri. Je rirai. Je rirais. Ris, rions, riez. Que je rie. Que je risse. Riant. Ri.") Marquer un sentiment de gaieté par un mouvement de la bouche accompagné souvent de bruit et par une expression correspondante des regards et des traits du visage. "Éclater de . Rire aux éclats. Se tenir les côtes de , à force de . Rire à gorge déployée. Étouffer de . Pouffer de . Mourir de . Il y a sujet de . Qui pourrait s'empêcher, se tenir de ? Rire de bon coeur. Rire de tout son coeur. Rire aux larmes, jusqu'aux larmes. Rire comme un fou. Un conte pour . Tout le monde se prit, se mit à . Rire sans sujet. Rire hors de propos. Il ne saurait parler de cela sans ."
"Il n'y a pas le mot pour , on ne trouve pas le mot pour dans cet ouvrage" se dit d'un Ouvrage qui ennuie.
Fam., "Avoir le mot pour ," Dire habituellement des choses plaisantes qui font . "Cet homme a toujours le mot pour ."
Fam., "Et de " se dit quelquefois en terminant un récit et signifie Alors on se mit à .
Fig. et fam., "Pincer sans " s'est dit d'un Homme qui raille les autres en gardant son sérieux. Il ne s'emploie plus que dans l'expression : "Pince-sans-rire." Voyez ce mot à son rang alphabétique.
"Il n'y a pas à pour tout le monde" se dit en parlant d'une Chose qui donne de la joie à quelques personnes, mais qui fait de la peine à d'autres. On dit dans un sens analogue : "Il n'y a pas trop à pour vous, de quoi pour vous. Il n'y a pas tant à ." On dit aussi en parlant d'une Chose affligeante : "Nous n'avons pas sujet de , nous n'avons pas envie de , il n'y a pas là de quoi ."
Fam., "Être à mourir de ," Exciter la risée, être d'un ridicule achevé. "C'est à mourir de rire. Avec sa toilette extravagante, elle est à mourir de ."
Fig. et fam., "Rire du bout des dents, ne que du bout des dents, que du bout des lèvres; jaune," Rire sans en avoir envie, à contrecoeur.
Fig. et fam., "Rire sous cape, dans sa" "barbe," Éprouver une satisfaction maligne qu'on cherche à dissimuler. "J'étais dans l'embarras, et je vis fort bien qu'il en riait sous cape. En voyant que sa ruse tournait contre lui-même, je riais dans ma barbe."
"Rire intérieurement," Éprouver une envie de sans en rien laisser paraître.
Fig., "Il rit aux anges" se dit de Celui qui est tellement transporté de joie qu'il paraît comme extasié. Il se dit aussi de Celui qui rit seul et sans sujet connu.
Il se dit particulièrement d'un Petit enfant qui rit en dormant.
RIRE signifie aussi, dans le style familier, Se divertir, se réjouir. "Nous serons en joyeuse compagnie, nous rirons bien. Venez avec nous, nous rirons. C'est un bon garçon qui aime à ." Prov., "Plus on est de fous, plus on rit."
"Rire aux dépens d'autrui," Se divertir à relever les défauts, les ridicules de quelqu'un.
"Rire de quelqu'un," Se moquer de quelqu'un.
Fam., "Rire au nez de quelqu'un," Se moquer de quelqu'un en face.
"Apprêter à " se dit d'une Personne qui donne sujet de se moquer d'elle. On dit plutôt aujourd'hui "Prêter à ."
Fam., "Vous me faites " se dit à une personne qui tient des discours ou qui fait des propositions déraisonnables ou ridicules.
Fig. et fam., "Se chatouiller pour se faire ," S'exciter à la gaieté, à la joie, pour un faible sujet ou même sans sujet, se forcer pour .
Prov. et fig., "Rira bien qui rira le dernier" se dit en parlant de Quelqu'un qui se flatte du succès dans une affaire où l'on compte l'emporter sur lui.
Prov. et fig., "Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera," Souvent la tristesse succède en peu de temps à la joie.
RIRE signifie encore Railler, badiner, ne pas parler, ne pas agir sérieusement. "Je n'ai dit cela que pour , vous auriez tort de vous en offenser. Est-ce pour que vous dites, que vous faites cela?"
Fam., "Vous voulez " se dit à quelqu'un qui fait une proposition peu convenable, ou qui dit des choses peu croyables.
RIRE signifie également Ne se point soucier de quelque chose; témoigner qu'on n'en tient pas de compte, qu'on ne s'en soucie pas; s'en moquer. "Il rit de toutes les remontrances qu'on lui fait. Ses menaces ne me troublent pas, je ne fais qu'en ."
RIRE se dit figurément des Choses et signifie Être agréable, plaire. "La campagne rit sous le soleil. Tout me rit dans ce projet. Cela rit à l'imagination."
"L'occasion lui rit," Elle lui est favorable.
"La fortune lui rit, tout lui rit, tout rit à ses désirs" se dit d'un Homme heureux, à qui tout réussit.
SE RIRE signifie Se divertir. "Il a fait cela en se riant."
Il signifie aussi Se moquer de quelqu'un. "Elle se rit de vous. Il se rit de vos vains projets."
Il signifie encore Ne pas tenir compte d'une chose, la mépriser. "Je me ris de ses menaces."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Action de . "Cette femme a le agréable, charmant. Un argentin. Un moqueur. Un fou et extravagant. Un ironique. Un amer. Un forcé. Un convulsif. Un niais. Un bruyant. De grands éclats de . Il lui prit un fou, un fou qu'il ne put retenir. Le fou m'a pris en le voyant, en l'écoutant."
"Rire inextinguible," Rire qui ne peut être arrêté.
"Gros ," Rire bruyant et prolongé. "Il riait d'un gros ."
"Rire sardonique," Sorte de convulsif.
Fig., "Il a un sardonique" se dit d'un Homme qui rit à contrecoeur et par grimace; et, plus souvent, d'un Homme dont le amer annonce beaucoup de malignité.
"Rire homérique," Rire énorme, digne des dieux d'Homère.



1ère définition d'Emile Littré




 1   Faire un certain mouvement de la bouche causé par l'impression qu'excite en nous quelque chose de gai, de plaisant.
SCARR.: « Je vous assure qu'elle fit bien toute la compagnie, et que j'en ai bien ri depuis, soit qu'il y eût véritablement de quoi en , ou que je sois de celles qui rient de peu de chose »
CYR. DE BERG.: « N'avez-vous pas vu Niquedouille, qui ne saurait sans montrer les dents ? »
LA FONT.: « Qu'un pape rie, en bonne foi, Je n'ose l'assurer ; mais je tiendrais un roi Bien malheureux s'il n'osait »
LA FONT.: « Vienne l'an neuf, ballade est destinée ; Qui rit ce jour, il rit tout l'année ; Or la ballade a cela, ce dit-on, Qu'elle fait , ou ne vaut un bouton »
MOL.: « Horace : Je ne puis y songer sans de bon coeur en , Et vous n'en riez pas assez à mon avis. - Arnolphe : Pardonnez-moi, j'en ris tout autant que je puis »
PASC.: « Je fus sur le point d'éclater de »
SÉV.: « Vous ai-je mandé que M. le président Barantin mourut à sa place du grand conseil, il y a deux jours ? sa femme, qui rit toujours, rira-t-elle de cette aventure ? »
BOILEAU: « Et toi [Lamoignon].... Viens d'un regard heureux animer mon projet, Et garde-toi de en ce grave sujet »
BOILEAU: « Mais un auteur malin qui rit et qui fait .... »
LA BRUY.: « Il n'est pas ordinaire que celui qui fait se fasse estimer »
LA BRUY.: « Il faut avant que d'être heureux, de peur de mourir sans avoir ri »
MONTESQ.: « Lorsque nous voulons nous empêcher de , notre redouble à cause du contraste qui est entre la situation où nous sommes et celle où nous devrions être »
VOLT.: « On s'est avisé de jouer à Lyon le Dépositaire ; on y a ri de tout son coeur, et il a fort réussi ; les Lyonnais apparemment ne sont point gâtés par La Chaussée ; ils vont à la comédie pour »
VOLT.: « Toute joie ne fait pas ; les grands plaisirs sont sérieux ; les plaisirs de l'amour, de l'ambition, de l'avarice n'ont jamais fait personne »
VOLT.: « L'homme est le seul animal qui pleure et qui rie »
VOLT.: « Comme nous ne pleurons que de ce qui nous afflige, nous ne rions que de ce qui nous égaye ; les raisonneurs ont prétendu que ce naît de l'orgueil, qu'on se croit supérieur à celui dont on rit.... quiconque rit éprouve une joie gaie dans ce moment-là, sans avoir un autre sentiment »
VOLT.: « L'Égyptien, en riant d'un sot , se retira dans son quartier »
VOLT.: « Ils l'appelaient tous monseigneur, et ils riaient quand il faisait des contes »
DIDER.: « Celui qui ne riait pas aux comédies de Regnard, n'avait pas le droit de aux comédies de Molière »
LA CHAUSSÉE: « Comme il me faisait , il croyait m'amuser ; On ne sait pas toujours faire la différence Des ris de la pitié d'avec ceux du plaisir »
    Rire de, avec un infinitif.
BOILEAU: « Je riais de le voir avec sa mine étique, Son rabat jadis blanc et sa perruque antique.... »
    Rire aux larmes, si fort que les larmes coulent des yeux.
SÉV.: « Nous avons ri aux larmes de votre Mme de la Charce et de Philis, sa fille aînée, âgée de trente-neuf ans »
MAINTENON: « La belle dame est enchantée de cette réponse ; et le roi en a ri aux larmes »
    Rire à gorge déployée, comme un fou, extrêmement.
BOILEAU: « Je suis assuré que, si Térence et Cicéron revenaient au monde, ils riraient à gorge déployée des ouvrages latins des Fernel, des Sannazar et des MuretÀ Brossette, XIX., Lorsqu'elles m'eurent reconnu, elles se mirent à comme deux folles, en me voyant ajusté comme je l'étais, LESAGE, Est. Gonz. 43. »
    Avoir le mot pour , dire habituellement des choses plaisantes, qui font .
RÉGNIER: « ...Il parle livre, il a le mot pour »
    Il n'y a pas le mot pour , on ne trouve pas le mot pour dans cet ouvrage, se dit d'un ouvrage qui a été fait pour amuser, et où il n'y a rien d'amusant, ou même d'un ouvrage sérieux où l'on cherche mal à propos l'amusement.
    Par extension.
J. J. ROUSS.: « Il n'y a pas le mot pour au crime »
    Pincer sans , voy. PINCER, n° 1.
    Et de , se met quelquefois à la fin d'un récit, et signifie : on se mit à .
SÉV.: « La duchesse de Bouillon alla demander à la Voisin un peu de poison pour faire mourir un vieux mari qu'elle avait qui la faisait mourir d'ennui, et une invention pour épouser un jeune homme qui la menait sans que personne le sût ; ce jeune homme était M. de Vendôme, qui la menait d'une main, et M. de Bouillon de l'autre ; et de »
    Mourir de , être saisi d'un tel qu'on se pâme.
HAMILT.: « Elle en pensa mourir de »
    Mourir de , signifie aussi éprouver un vif sentiment de moquerie.
Mme DE CHATEAUROUX: « J'ai reçu une lettre de Dumesnil ; ils me font tous mourir de avec leurs demandes »
    Crever de , même sens.
VOLT.: « Il y a trois mois que je crève de en me levant et en me couchant »
P. L. COUR.: « Plutarque à présent me fait crever de : je ne crois plus aux grands hommes »
    Être à mourir de , exciter la risée, être très ridicule.
GENLIS: « Il est à mourir de avec ses idées romanesques »
    Se faire , chercher les occasions, les motifs de .
LESAGE: « Celui-ci, qui ne demandait pas mieux que de se faire encore, recommença tout de nouveau son histoire, et y ajouta de plus, comme pour me désespérer, la mienne »
    Se chatouiller pour se faire , tâcher de sans en avoir sujet.

 2   Fig. Rire du bout des dents, du bout des lèvres, ne que du bout des dents, du bout des lèvres, jaune, se dit d'une personne qui ne rit pas de bon coeur, qui cache sous un forcé son déplaisir, qui rit par contrainte, grimace ou politesse.
MOL.: « Je te promets, marquis, qu'il fait dessein d'aller sur le théâtre , avec tous les autres, du portrait qu'on a fait de lui. - Parbleu ! ce sera du bout des dents qu'il rira »
LESAGE: « Je dissimulais, et, riant du bout des dents, je lui dis que je trouvais cette aventure plaisante »

 3   Fig. Rire sous cape, dans sa barbe, éprouver une satisfaction maligne qu'on dissimule.
LESAGE: « Au grand plaisir de mes sergents et du geôlier, qui étaient présents et qui riaient sous cape »
    Rire intérieurement, éprouver un sentiment de joie qui ferait , mais que l'on ne manifeste pas.
    Rire aux anges, voy. ANGE.
    Rire à son mérite, laisser paraître sur sa figure le contentement qu'on a de son propre mérite.
MOL.: « Cet indolent état de confiance extrême, Qui le rend en tout temps si content de soi-même, Qui fait qu'à son mérite incessamment il rit »

 4   Il n'y a pas à pour tout le monde, se dit en parlant d'une chose qui donne de la joie à certaines personnes, mais qui en afflige d'autres.
    On dit dans le même sens : il n'y a pas trop à pour vous, de quoi pour vous, il n'y a pas tant à .
    Nous n'avons pas sujet de , il n'y a pas là de quoi , se dit d'une chose qui afflige ou inquiète.
    On dit de même : n'avoir pas envie de .
MOL.: « Oui, vraiment, nous avons fort envie de , fort envie de nous avons »

 5   Il se dit de l'aspect que prend la physionomie d'une personne qui rit.
MARIV.: « Vous auriez dit qu'il sortait de la conversation la plus badine, sa bouche et ses yeux riaient encore »
    Fig.
MARIV.: « Une certaine audace qui lui rit, qui le venge de son peu de relief et de l'inaction dans laquelle il passe la journée »
    Fig. Le coeur me rit, j'éprouve un doux contentement.
J. J. ROUSS.: « Le coeur me rit, et il me semble que je me ranime au projet d'aller partager avec vous cette retraite charmante »

 6   Fig. Avoir un aspect gracieux, qui plaît, comme est celui d'un visage riant.
BOSSUET: « La terre ne lui rit plus [à l'homme] comme auparavant »
VOLT.: « Et les Alpes de loin, s'élevant dans la nue, D'un long amphithéâtre enferment ces coteaux, Où le pampre en festons rit parmi les ormeaux »
J. J. ROUSS.: « C'est une chose bien singulière que mon imagination ne se monte jamais plus agréablement que quand mon état est le moins agréable, et qu'au contraire elle est moins riante lorsque tout rit autour de moi »
DELILLE: « Quand tout rit de bonheur, d'espérance et d'amour »
CHATEAUB.: « Le long de cette haie, de ces sillons où rit la première verdure des blés »
DELAV.: « Il [le soleil] gonfle de ses feux les trésors dont l'automne En riant se couronne »

 7   Être favorable.
CORN.: « L'occasion vous rit, et vous en userez »
ROTR.: « Par ses soins tout nous rit, tout fleurit, tout succède »
ROTR.: « La fortune vous rit, et ne rit pas toujours »
HAMILT.: « Tout riait au chevalier dans la nouvelle tendresse qui l'occupait »
MASS.: « Les heureux du monde à qui tout rit »

 8   Rire à quelqu'un, lui sou avec bienveillance, lui faire un accueil flatteur.
MOL.: « On l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue »
MASS.: « Le monde est plus dangereux, lorsqu'il nous rit, que lorsqu'il nous maltraite »
MASS.: « Le monde, qui jusqu'ici vous a ri, vous aura bientôt oubliée »
A. CHÉN.: « Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux Fig. »
QUIN.: « La fleur nouvelle Rit aux zéphirs »

 9   Plaire, être agréable. Cela rit à l'imagination.
COLLIN D'HARLEV.: « Il me vient un projet d'une grande importance, Et qui me rit »

 10   Petiller.
MALH.: « Casaux.... Du plaisir de sa chute a fait nos yeux »
BOILEAU: « Elle voit le barbier, qui, d'une main légère, Tient un verre de vin qui rit dans la fougère (voy. FOUGÈRE, n° 2) »

 11   Se moquer de, plaisanter de.
SÉV.: « Mme de Coëtquen est grosse ; voudriez-vous en ? riez-en »
BOILEAU: « Et je serai le seul qui ne pourrai rien dire ! On sera ridicule, et je n'oserai ! »
BOILEAU: « Le théâtre perdit son antique fureur ; La comédie apprit à sans aigreur »
VOLT.: « Le fanatisme était si puissant, et Cromwell si respecté, que personne ne rit d'un pareil discours [où Harry disait de Cromwell qui venait de mourir, qu'il serait assis à la droite de Jésus-Christ] »
D'ALEMB.: « Elle rit, et avec raison, des sottises des hommes, dont je ferais bien de aussi, et dont je rirais comme elle, si je digérais et si je dormais mieux »
    Rire de quelqu'un, se moquer de lui.
SÉV.: « Ceux-là me parlent de vous, et nous rions un peu de notre prochain »
    Rire au nez de quelqu'un, se moquer de quelqu'un en face.
SCARR.: « Ragotin se mourait de dépit de ne pouvoir trouver à quereller avec un homme qui lui riait au nez, et lui faisait mille révérences »
MOL.: « Laissez passer les personnes sans leur au nez »
CARMONTELLE: « Il veut parler, elle lui éclate de au nez »
J. J. ROUSS.: « J'aurais dû leur au nez pour toute réponse, je fus assez bête pour me piquer »
    Apprêter, offrir à , se dit de quelqu'un qui donne sujet qu'on se moque de lui.
MOL.: « Ceux de qui la conduite offre le plus à , Sont toujours sur autrui les premiers à médire »
MOL.: « N'apprêtons point à aux hommes, En nous disant nos vérités »
    Faire , exciter les moqueries.
MOL.: « Ce mariage doit être heureux, car il donne de la joie à tout le monde, et je fais tous ceux à qui j'en parle »
    Vous me faites , se dit à quelqu'un qui dit ou fait des choses peu pertinentes.
GENLIS: « Vous me faites ; est-ce qu'il faut être belle pour se croire charmante ? »

 12   Absolument. Se divertir, se réjouir.
BOILEAU: « Mais, de retour enfin, que prétendez-vous faire. - Alors, cher Cinéas, victorieux, contents, Nous pourrons à l'aise, et prendre du bon temps. - Eh ! seigneur, dès ce jour, sans sortir de l'Épire, Du matin jusqu'au soir qui vous défend de ? »
RAC.: « Rions, chantons, dit cette troupe impie ; De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs, Promenons nos désirs »
VOLT.: « On ne rit point entre les peines présentes et un anéantissement prochain »
D'ALEMB.: « Hélas ! je ris et je n'en ai guère envie »
    Rire aux dépens d'autrui, se divertir à relever les défauts, les ridicules d'autrui.

 13   Badiner, ne pas parler ou ne pas agir sérieusement.
LA FAY.: « Est-ce que vous riez, ou si c'est tout de bon ? Ces paroles, quoique dites en riant, firent une vive impression dans l'esprit de Madame de Clèves ; elles lui donnèrent du remords »
CHATEAUBR.: « Ces hommes, en apparence frivoles, qui détruisent tout en riant »
C. DELAV.: « Dès que le sang coule, on ne rit plus, on blâme »
    Familièrement. Vous voulez , se dit à une personne qui fait une proposition peu convenable, ou qui dit des choses incroyables.
VOLT.: « Ils [des laboureurs à qui on adressait des questions métaphysiques] ont cru que je voulais , et ont continué à labourer leurs champs sans me répondre »
    C'est pour , ce n'est pas sérieusement dit ou fait.
PANNARD: « Si vous la blâmez, c'est pour ; Si vous l'aimez, c'est tout de bon »
LOMÉNIE DE BRIENNE: « Ne voyez-vous pas bien que c'est pour tout ce qu'ils vous disent ? »
    Pour , non effectivement.
J. J. ROUSS.: « Un roi pour En vrais apprentis qui ne le sont pas pour »

 14   Ne point se soucier de quelque chose, n'en tenir compte.
CORN.: « Après tout cependant, riez de ma faiblesse »
CORN.: « Félix, dans la prison j'ai triomphé de toi, J'ai ri de ta menace »
CORN.: « Mon âme jouira de ton inquiétude, Je rirai de ta peine »
CORN.: « Elle a cru me braver ; mais je n'en fais que »
RAC.: « Cependant Athalie, un poignard à la main, Rit des faibles remparts de nos portes d'airain »
VOLT.: « Je vais éc à M. le maréchal de Richelieu, qui ne fait que de toutes les choses qui sont très essentielles pour les amateurs des beaux-arts »

 15   Se dit, par plaisanterie, d'une chose qui se fend, qui s'entr'ouvre. Cet habit, cette muraille rit.
    Rire comme un coffre, à bouche très ouverte, parce qu'un coffre qu'on ouvre semble présenter une grande bouche.

 16   Se , v. réfl. Se divertir, se jouer.
MALH.: « Si quelqu'un après boire avait laissé aller une parole un peu libre, si un autre en se riant avait dit quelque chose de naïf, tout était mis aux tablettes »

 17   Se moquer de, ne tenir aucun compte de, mépriser. Ils se sont ri, elles se sont ri de tous ces projets.
RÉGNIER: « Le débauché se rit des sermons de son père »
MOL.: « On se rirait de vous, Alceste, tout de bon, Si l'on vous entendait parler de la façon »
PASC.: « L'esprit d'impiété se rit de ce qu'il y a de plus sacré »
BOSSUET: « Les sages les prévirent [les malheurs qui suivraient la réforme en Angleterre] ; mais les sages sont-ils crus en ces temps d'emportement, et ne se rit-on pas de leurs prophéties ? »
RAC.: « Le perfide triomphe et se rit de ma rage »

PROVERBES
    C'est le vieux jeu, on n'en rit plus, se dit d'une plaisanterie usée.
    Plus on est de fous, plus on rit.
    Rira bien qui rira le dernier, se dit en parlant de quelqu'un qui se flatte du succès en une affaire où l'on compte l'emporter sur lui.
    Tel qui rit vendredi dimanche pleurera (RAC. Plaid. I, 1), souvent la tristesse succède en peu de temps à la joie.
    Marchand qui perd ne peut .
    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

REMARQUE
    ' Je ris et pleure, pour je ri et pleure ' non pas que ny t, ny s soit à telle personne, mais pourtant qu'il plaist ainsi à l'oreille ' RAMUS, dans LIVET, Gramm. franç. p. 212. Quoi qu'il en soit de ce dire de Ramus, l's, à la 1re personne du singulier du présent de l'indicatif, est, partout où elle n'est pas radicale, une fauté que l'ancienne langue ne commettait pas, mais que la moderne s'est appropriée.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de rol. XXII: Quant ce veit Guenes qu'ore s'en rit Rolanz
     ib. CCXLIV: Mort il l'abat, qui qu'en plurt ou qu'en rie
    XIIème siècle
     Couci, VI: Quant de moi [elle] rit, et je l'ai tant plorée
    XIIIème siècle
     Berte, XIV: Mout fut la vieille aaise, de joie prist à
     la Rose, 14364: Ainsinc cum en tel point estoient Mars et Venus qui s'entr'amoient, Des diex i ot mains qui vosissent Que li autres diex se risissent En tel point cum il font de Mars
     Hist. litt. de la Fr. t. XXIII, p. 314: Dont aucun furent qui disoient Que li petit enfanchon l'oient [le bruit des sphères célestes], Quant il rient en leur dormant, Qu'il dient qu'il oient chantant Les angles Deu en paradis, Qui les ont en tel joie mis
     Renart le nouvel, 3250: Teux [tel] rit au main ki au soir pleure
    XIVème siècle
ORESME: « Et entendent plus et resgardent à ce que il facent les gens, que il ne font à dire choses avenans et honnestes »
    XVème siècle
FROISS.: « Quand on les ot lues et entendues [les lettres de Philippe d'Artevelle à Charles VI], on n'en fit que »
A. CHART.: « Car se le dire Atrayoit à soy l'esconduire [amenait qu'on fût éconduit], Il n'y auroit plus de quoy »
     Les 15 joyes du mariage, p. 52: Jehanne s'en va riant à sa dame : de quoy vous riez-vous, Jehanne ? fait la dame
     Perceforest, t. I, f° 130: Ils se prindrent si fort à , qu'on les eust peu tous nuds desvestir
CH. D'ORL.: « Souvent mon cueur de joye rit »
     la Pass. de N. S. J. C: Vous qui devez la loy garder, Faictez le prendre sans tarder ; Sy le faictez tenir de
COMM.: « Nostre roy [Louis XI] commença à dire au roy d'Angleterre en se ryant.... »
    XVIème siècle
AMYOT: « Lycurgus n'estoit point si austere que l'on ne le vist jamais : ce fut luy qui dedia la petite image du Ris qui est à Lacedaemone, ayant voulu entremesler le parmi leurs convives et autres assemblées »
AMYOT: « Pour lors fortune luy rioit »
AMYOT: « Au partir de là, comme ses familiers se rissent ensemble et se moquassent de luy, il leur dit.... »
AMYOT: « Rire un ris acheté à prix d'argent à des baladins »
RAB.: « Mieulx est de ris que de larmes escripre, Pour ce que est le propre de l'homme »
MONT.: « La poësie ne rid point ailleurs comme elle faict en un subject folastre »
MONT.: « Y meslant quelquefois des mots pour »
MONT.: « Si ma santé me rid et la clarté d'un beau jour.... »
MONT.: « Ce que nous rions en elle [une aveugle qui croyait que c'était le jour qui manquait], je te prie de croire qu'il advient à chascun de nous »
DESPER.: « Le prevost lui dit en riant, mais c'etoit un d'hostelier [un du bout des dents].... »
D'AUB.: « Je luy appris à du coin des dents, ou comme un chien à qui on presente de l'ail, à parler de la gorge.... »
RONS.: « ... Et de rang verse à la troupe Du vin qui rit dedans l'or »
LEROUX DE LINCY: « Bien dire Fait , Bien faire Fait taire »
LEROUX DE LINCY: « Rire sans propos est propre aux fols »
     Nuits de Straparole, t. II, p. 42, dans LACURNE: Sa mere qui rioit sous son chaperon
COTGRAVE: « Femme rit quand elle peut, et pleure quand elle veut »
ID.: « Tel rit qui mord »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. , rir ; catal. riurer ; espagn. reir ; portug. rir ; ital. ridere ; du lat. ridere. Notre verbe suppose une forme vulgaire ridere (1er e bref) au lieu de ridere (1er e long).


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Action de , ou, dans le langage de la physiologie, série de petites expirations saccadées, plus ou moins bruyantes, dépendant, en grande partie, de contractions du diaphragme, et accompagnées de contractions également involontaires des muscles faciaux.
VOLT.: « Le va quelquefois jusqu'aux convulsions ; on dit même que quelques personnes sont mortes de ; j'ai peine à le croire, et sûrement il en est davantage qui sont mortes de chagrin »
VOLT.: « Ceux qui cherchent des causes métaphysiques au ne sont pas gais ; ceux qui savent pourquoi cette espèce de joie qui excite le ris, retire vers les oreilles le muscle zygomatique, l'un des treize muscles de la face, sont bien savants »
PIRON: « Mais le vous prend, et cela ne vaut rien »
BUFF.: « Le et les pleurs sont des signes particuliers à l'espèce humaine pour exprimer le plaisir ou la douleur de l'âme »
J. J. ROUSS.: « Qui de vous n'a pas regretté cet âge où le est toujours sur les lèvres ? »
GRESSET: « Au ton dont il s'explique, à son air où l'on voit, dans un ironique, L'estime de lui-même et le mépris d'autrui »
CONDIL.: « Lycurgue.... n'était pas un cénobite misanthrope qui prît plaisir à tourmenter les hommes ; il a élevé des autels au et à la gaieté »
GENLIS: « Le bien franc et bien naturel vaut mieux pour eux [les enfants] que tous les médicaments du monde »
C. DELAV.: « Pour ces penseurs profonds le est trop bourgeois »
LOUIS BLANC: « La tristesse a deux manières de s'exprimer, le et les larmes ; et de ces deux formes de la tristesse, les larmes ne sont pas toujours la plus triste »
    Fou , ou fou, dont on n'est pas le maître. J'ai eu dans la journée deux fous s pour des causes très diverses. Oubliant tout jusqu'à leurs chaînes, Nos gens poussent des s fous, BÉRANG.
    Un inextinguible, un qui ne peut être arrêté.
    Un gros , un bruyant et prolongé.
COMTE DE CAYLUS: « Le gros qui lui prit, de la frayeur de tout le peuple, ne se peut exprimer »
    Un homérique, voy. HOMÉRIQUE.

 2   Il se dit aussi des contractions semblables au qu'excitent le désespoir, une douleur qui déchire.
STAËL: « Ce du désespoir est l'effet le plus difficile et le plus remarquable que le jeu dramatique puisse produire »
STAËL: « Ce déchirant qui suppose ou l'ignorance de tous les maux de la vie, ou tant de douleur au fond de l'âme, qu'aucune forme de la mort ne peut plus épouvanter ! »

 3   Terme de médecine. Rire sardonique ou sardonien, sorte de spasme convulsif dans les lèvres et les joues, ainsi appelé parce qu'on l'observait, disait-on, chez les individus qui mangeaient une espèce de renoncule qui croît en Sardaigne.
    Fig. Un sardonique se dit d'un à contre-coeur et par grimace, ou, plus souvent, d'un amer.
D'ALEMB.: « Le sardonique, qui est la grimace de ceux qui meurent de faim »
    Rire sardonique, se dit aujourd'hui pour ironique.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
MONT.: « Je ne puis tantost plus arracher un pauvre de ce meschant corps »

ÉTYMOLOGIE
    Rire 1.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("Je ris, tu ris, il rit; nous rions, etc. Je riais; nous riions, vous z. Je ris. J'ai ri. Je rirai. Je rirais. Ris" ou "Ri, riez. Que je rie. Que je risse. Riant. Ri.") Faire un certain mouvement de la bouche, souvent accompagné d'éclat, et causé par l'impression qu'excite en nous quelque chose de gai, de plaisant. "Éclater de . Rire aux éclats. Se tenir les côtés de , à force de . Rire à gorge déployée. Crever de . Étouffer de . Pouffer de . Pâmer de . Il nous pensa faire mourir de . Il y a sujet de . Qui pourrait s'empêcher, se tenir de ? Rire de bon coeur. Rire de tout son coeur. Rire de souvenir. Rire aux larmes, jusqu'aux larmes. Rire comme un fou. Faire un conte pour . Tout le monde se prit, se mit à . Rire sans sujet. Rire hors de propos. Il ne saurait parler de cela sans ."
"Il n'y a pas le mot pour , on ne trouve pas le mot pour dans cet ouvrage," se dit D'un ouvrage qui a été fait pour réjouir, et où il n'y a rien de plaisant.
Fam., "Et de ," se dit quelquefois en terminant un récit, et signifie, Alors on se mit à .
Fig. et fam., "Pincer sans ," Dire quelque chose de piquant contre quelqu'un, sans paraître en avoir l'intention. On dit, substantivement, D'un homme que son caractère porte à plaisanter ainsi, "C'est un pince-sans-rire."
"Il n'y a pas à pour tout le monde," se dit en parlant D'une chose qui donne de la joie à quelques personnes, mais qui fait de la peine à d'autres. On dit dans un sens analogue: "Il n'y a pas trop à pour vous, de quoi pour vous. Il n'y a pas tant à ." On dit aussi en parlant D'une chose affligeante, "Nous n'avons pas sujet de , il n'y a pas là de quoi ."
Prov. et fig., "Rire du bout des dents, ne que du bout des dents, que du bout des lèvres; jaune," Rire sans en avoir envie, à contre-coeur.
Prov. et fig., "Rire sous cape, dans sa barbe," Éprouver une satisfaction maligne, qu'on cherche à dissimuler. "J'étais dans l'embarras, et je vis fort bien qu'il en riait sous cape. En voyant que sa ruse tournait contre lui-même, je riais dans ma barbe."
Prov. et fig., "Il rit aux anges," se dit De celui dont le visage marque l'épanouissement de la joie, de celui qui est tellement transporté de joie, qu'il paraît comme extasié. Il se dit aussi De celui qui rit seul, niaisement, et sans sujet connu.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit au figuré en parlant De ce qui est agréable, de ce qui plaît. "Tout rit dans cette maison de campagne. Tout rit dans ces prés, dans ces bosquets. Cela rit à l'imagination."
Fig., "La fortune lui rit, tout lui rit, tout rit à ses désirs," se dit D'un homme heureux, à qui tout réussit.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, dans le style familier, Se divertir, se réjouir. "Nous serons en joyeuse compagnie, nous rirons bien. Venez avec nous, nous rirons. C'est un bon garçon qui aime à ." Prov., "Plus on est de fous, plus on rit."
"Rire aux dépens d'autrui," Se divertir à relever les défauts, les ridicules de quelqu'un.
Fam., "Rire de quelqu'un," Se moquer de quelqu'un; et, "Rire au nez de quelqu'un," Se moquer de quelqu'un en face.
Fam., "Apprêter à ," se dit D'une personne qui donne sujet de se moquer d'elle.
Fam., "Vous me faites ," se dit À une personne qui tient des discours ou qui fait des propositions déraisonnables ou ridicules.
Prov. et fig., "Se chatouiller pour se faire ," S'exciter à la gaieté, à la joie, pour un faible sujet, ou même sans sujet.
Prov. et fig., "Rira bien qui rira le dernier," se dit en parlant De quelqu'un qui se flatte du succès, dans une affaire où l'on compte l'emporter sur lui.
Prov. et fig., "Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera," Souvent la tristesse succède en peu de temps à la joie.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Railler, badiner, ne parler pas tout de bon, n'agir pas sérieusement. "Est-ce que vous riez, ou si c'est tout de bon? Riez-vous, ou est-ce tout de bon? Il ne disait cela que pour , vous auriez tort de vous en offenser. Est-ce pour que vous dites, que vous faites cela? Tout en riant, je n'ai pas laissé de lui dire ses vérités."
Fam., "Vous voulez ," se dit À quelqu'un qui fait une proposition peu convenable, ou qui dit des choses peu croyables.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, Ne se point soucier de quelque chose; témoigner qu'on n'en tient point de compte, qu'on ne s'en soucie pas; s'en moquer. "Il rit de toutes les remontrances qu'on lui fait. Ses menaces ne m'étonnent point, je n'en fais que ."
Il s'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. "Il se rit de vous. Il se rit de vos vains projets. Je me ris de ses menaces."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Action de . "Cette femme a le agréable, charmant. Un moqueur. Un fou et extravagant. Un ironique. Un amer. Un forcé. Un convulsif. Un niais. De grands éclats de . Il lui prit un fou, un fou qu'il ne put retenir. Le fou m'a pris en le voyant, en l'écoutant."
"Un inextinguible," Un qui ne peut être arrêté.
"Un gros ," Un bruyant et prolongé. "Il riait d'un gros ."
"Un sardonique ou sardonien." Voy. RIS.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

m. [1re lon. 2e "e" muet.] Je "ris", nous "rions;" je "riois" ou "riais"; je "ris", j'"ai ri;" je "rirai", je "rirois" ou "rirais;" "ris", que je "rie", nous "riions", je "risse", "riant", "ri". = "Rire", c'est proprement faire un certain moûvement de la bouche, causé par l'impression que fait sur nous quelque chôse de plaisant, qu'on dit ou qu'on fait devant nous. 1°. Ce verbe entre dans plusieurs expressions familières: Se prendre, se mettre ", éclater "de ". 'Ils se prirent ", comme si j'eusse dit une chôse impossible. "Voit." 'L'Hôte et l'Hôtesse éclatèrent "de ". Volt. 'Pardonez-nous, si nous nous sommes mis ". Id. 'Il est permis "de ", mais de grands "éclats de " sont indécens. "D'Olivet", IV "Tuscul." Voy. ÉCLAT et ÉCLATER. 'Tout se tourna en plaisanterie, selon le génie de la Nation, qui "rit" toujours le lendemain "de" ce qui l'a consternée ou animée la veille. "Volt. = Aprêter" à . 'Vous deviez du moins ne pas aprêter ", où l'on ne rit jamais. "Coyer".
- Mourir "de ", pâmer "de ". 'On pensa "mourir de ". SÉV. 'C'étoient des postures à pamer "de ". Id.
- "Rire" de tout son coeur. 'M. de la R. F. "en a ri" de tout son coeur. ID.
- "Rire" tout son soul. 'Je ne m'étone pas que vous "ayiez ri" tout votre soul, en m'écrivant l'étrange bruit qui court de moi. "Voit."
   Riez donc. "Rira bien", "qui rira le dernier".
       "Le Flateur".
  ...."Qu'avez-vous donc à ?"
  ....Monsieur, cela ne se peut dire.
      "Rousseau".
   Que diable "a t'il à ?"
   C'est "du" mal qu'il a fait, ou "du" mal qu'il va dire.
       "Palissot".

- "Avoir le mot pour ". 'Elle "a" toujours "le mot pour ". Th. d'Éduc.
- Mourir d'envie "de ". 'Moi, je mourois d'envie "de ": pour Isabelle, elle étoit comme une souche, et faisoit la moûe.
- "Ne faire qu'en ". 'Nous nous promenons sans fin et sans cesse, et sa jambe (auparavant malade) "n'en fait que ". M. de "Coul."
- "Rire" du bout des dents; mal volontiers: "rire" aux Anges, sans sujet aparent; se chatouiller, "ou" se pincer, "pour ", faire des éforts "pour ". 'Cet homme est plaisant: il "ferait " un tâs de pierres.
- "Il n'y a pas le mot pour ": il n'y a rien de plaisant dans un ouvrage qui est fait pour réjouir.
- 2°. "Rire" ne signifie quelque-fois que se divertir, se réjouir. 'Venez avec nous, nous "rirons". Il aime " . = "Rire" aux dépens d'autrui. 'Marchand qui~ perd ne peut "rire:" quand on essuye quelque perte, ou qu'on est dans le malheur, on ne peut se réjouir.
- 3°. Râiller, badiner. 'Il disait cela pour "rire". 'Tout "en riant", il lui a dit de bones vérités.
- 4°. Se moquer. '"Rire de" quelqu'un. * Autrefois on disait, "se ".
   À~ votre nez, mon frère, elle "se rit de" vous.
       "Mol."
'L'on "se rioit d'"eux, et l'on ne "rioit" pas "de" ce qu'ils avoient dit. "Vaugelas" parlant des mauvais plaisans. "Destouches" l'a encore employé.
   Mais si je vais parler, vous "vous z de" moi.
       "Le Glorieux".
Et d'autres Poètes. = On l'emploie encore dans le style badin ou plaisant.
- 5°. "Rire" ou "se ", c'est aussi, se moquer, ne pas se soucier, s'inquiéter de. 'Il "rit" de toutes les menaces qu'on lui fait. 'Je "me ris de" ses menaces: je ne fais qu'"en ".
- 6°. "Rire", au "fig." se dit des chôses, ou sans régime: "tout rit" dans cette maison, dans ce jardin, tout y est agréable; ou avec le datif: 'Cela "rit à" l'imagination. 'Tout "lui rit", la fortune "lui rit", tout "rit à" ses desirs, tout lui est favorable. = L'Abé "de Lille" lui fait régir élégamment la prép. "de".
   Quand "tout rit de" bonheur, "d' "espérance et d'amour.
       "Jardins".
Mais ce régime de "rire", apliqué aux chôses, n'est que du st. poétique.
   RIRE, s. m. Bien diférent de la plupart des infinitifs substantifs, il s'emploie au pluriel, et s'unit à des adjectifs. On dit, des "rires inocens". WAILLY. 'Alors elle fait "ses grands s forcés". Th. d'Éduc.




Emplacement dans le dictionnaire :

ripement
riper
ripieno
ripopée
riposte
riposter
riquet
riquet à la houpe
riquiqui

ris
risée
risee
riser
risette
risible
risiblement
risque
risqué
risque-tout
risquer




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...la harpe d'or. L'azur et la candeur, et les amours fidèles. PÈL. PAS., AUTANT..., à JEANNE Ah, rions un peu pendant que l'heure le souffre ; ah, rions sur le bord du gouffre. Oh, si bon il est de rire, quand on pense ; que nos coeurs loyaux n'auront point leur récompense. Si j'avais toujours votre front proche, je serais sans peur et sans reproche. Mais loin de vos yeux je m'assimile au fou qui...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...où meuglent les génisses. PÈL. PAS., BOCAGE, LS FEUILLES Les feuilles pourront tomber la rivière pourra geler ! Je veux rire, je veux rire. La danse pourra cesser, le violon pourra casser, je veux rire, je veux rire. Que le mal se fasse pire ! Je veux rire, je veux rire. PÈL. PAS., BOCAGE, JE SUIS LAS Je suis las, si las comment danser, hélas ! -mets des fleurs dans tes cheveux et dansons, car je...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...les génisses. PÈL. PAS., BOCAGE, LS FEUILLES Les feuilles pourront tomber la rivière pourra geler ! Je veux rire, je veux rire. La danse pourra cesser, le violon pourra casser, je veux rire, je veux rire. Que le mal se fasse pire ! Je veux rire, je veux rire. PÈL. PAS., BOCAGE, JE SUIS LAS Je suis las, si las comment danser, hélas ! -mets des fleurs dans tes cheveux et dansons, car je le veux. Je...


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...Les feuilles pourront tomber la rivière pourra geler ! Je veux rire, je veux rire. La danse pourra cesser, le violon pourra casser, je veux rire, je veux rire. Que le mal se fasse pire ! Je veux rire, je veux rire. PÈL. PAS., BOCAGE, JE SUIS LAS Je suis las, si las comment danser, hélas ! -mets des fleurs dans tes cheveux et dansons, car je le veux. Je suis si triste, triste, comment rire, hélas...


Citation n°5 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...pourront tomber la rivière pourra geler ! Je veux rire, je veux rire. La danse pourra cesser, le violon pourra casser, je veux rire, je veux rire. Que le mal se fasse pire ! Je veux rire, je veux rire. PÈL. PAS., BOCAGE, JE SUIS LAS Je suis las, si las comment danser, hélas ! -mets des fleurs dans tes cheveux et dansons, car je le veux. Je suis si triste, triste, comment rire, hélas ! -qu'un...


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